07 août 2007

Retour vers le pays de l’abondance.

Fin d’un voyage. Sept heures de vol, plus quatre d’attente de la correspondance que nous avons ratée, et Paris s’ouvre à nous. Paris. Des autos, des routes biens tracées, organisées. Des haies taillées, des massifs de fleurs cultivés et entretenus. Trajet jusqu’à la gare de Lyon en taxi. Pas une secousse. Fluide. Des ceintures. Un prix fixe. Puis le TGV. Vitesse. Quelle facilité de se déplacer à l’intérieur du pays. Comme ça. En deux heures. Au Togo, il y a une voie ferrée, et un train. Un seul. A vapeur. Il transporte quelques marchandises. De même qu’il y a une cimenterie et une usine d’huile à Lomé, et puis c’est à peu près tout pour les industries du pays. Tout est à créer. Même les beaux pagnes colorés typiques sont fabriqués au Royaume-Uni.

            Pour ma part, je retrouve avec plaisir tout ce qui nous semble anodin ici et qui ne l’est pas là-bas, tout ce qui fait nos richesses même si nous ne les voyons pas : eau courante, toilettes avec chasse d’eau, cuisine, frigidaire (plein en plus), livres, maison tapissée et décorée, voiture, ordinateur… Abondance de nourriture, repas à table avec couteau, fourchette, cuillère, plusieurs plats…J’avoue que la première chose que j’ai faite en arrivant à une heure du matin, c’est un sandwich fromage saucisson! J’essaie de continuer mes habitudes de douche froide même s’il fait un peu plus frais. C’est une bonne façon d’économiser de l’eau. On y reste moins longtemps. J’ai aussi remarqué que la douche au seau consommait deux litres maximum sans shampoing, ce qui est un bon exemple à prendre.

           Nous avons passé les derniers jours à Lomé pour visiter un peu les plages, le port, le marché aux fétiches, et Togoville. Baignade et pirogue sur le lac Togo pour rejoindre ce village où le chef avait fait rassembler la population pour voir une pièce de théâtre les appelant à se faire recenser pour les élections législatives toutes proches. Pour moi cette semaine a été l’occasion de faire de nouvelles découvertes gastronomiques et de vie quotidienne non négligeables.

            Dans ces petites régions du Togo, j’ai vu bien peu de tout ce que l’Afrique recèle. Mais assez pour avoir beaucoup matière à réflexion. Plus que des réponses, ce voyage m’a amené une foule de questions diverses et variées dont la recherche des réponses aide à comprendre le pays. Pourquoi un tel pays jeune et relativement alphabétisé ne se développe-t-il pas ? Comment le ferait-il ? Comment sensibiliser, changer les mentalités ? Est-il bon d’influer un développement à l’européenne ? Quelle place a eu la christianisation dans l’émancipation de la société ?... Quelques éléments de réponse aux premières questions se trouvent dans la mentalité d’assisté des Togolais, dans l’immobilisation des fonds d’aide par le gouvernement, et dans le besoin de chacun de manger chaque jour…

C’est ainsi que se termine le voyage. A vous de réagir, poser vos questions, comparer les quelques éléments que nous vous avons partagé avec d’autres pays d’Afrique ou d'ailleurs…

Posté par syracuse à 19:26 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Retour vers le pays de l’abondance.

  • je me suis rendu 3 fois au Togo étant donné que ma mère est originaire de ce pays.Tout ce que je peux dire pour vous éclairez est que vous avez surement remarqué que le régime de ce pays est dictatoriale voilà avant tout ce qui empèche le développement de ce pays.Il est d' autant plus diffiicile de concevoir une évolution quand on sai que l' ancien président qui est maintenant mort avait été formé par la France et qu 'il à ensuite été envoyé pour réaliser un coup d 'etat au président Olympio qui ne convenait pas tout à fait à la politique françaiseet que depuis il a procréer sans cesse noyant le pays sous la masse de ces enfant et partisans.Alors meme si nous ne pouvons pas en Afrique tout mettre sur le dos des français il faut toutefois reconnaître qu ' elle y est pour beaucoup additioné au désir des dirigeant de s' enrichir , on obtient alors le Togo.Mais on peut dire que c' est un Togo chaleureux qui ne meurt pas de faim et d' où émerge tout de même des bonnes volontées.

    Posté par bibi, 11 août 2007 à 22:17 | | Répondre
  • en effet

    Merci pour ces éclairages sur le coup d'état du général. En effet, je n'ai pas parlé de cet aspect et je te remercie de l'avoir fait remarquer. C'est hélas le cas de beausoup d'anciennes colonies de se faire étouffer par les anciens colons qui veulent conserver leurs intérêts, et le résultat est souvent terrible. Le Togo par la France, le Congo par la Belgique (avec Mobutu renversant Lumumba)...
    Aujourd'hui c'est Gnassimbé Eyadema, le fils du président général, qui gouverne. Les remous des années 90 l'ont conduit à lâcher un peu de lest et à permettre la crétion d'autres partis politiques que le sien. Des élections législatives auront lieu en septembre et chacun est appelé à se faire recenser. Mais tout n'est pas encore gagné.
    Nous avons vu beaucoup de gens, des jeunes notamment, qui tentaient de construire quelque chose, mais les fonds n'arrivent pas. Tous disent là-bas que l'Etat garde la moitié des aides européennes, et l'on voit peu sa présence dans l'aménagement des villes ou les services publics. Il ne doit pas se ruiner en fonctionnaires. Nous avons vu aussi par exemple toute la difficulté d'accéder à de longues études, puisqu'il faut déjà payer l'école, et elle est de plus en plus chère au fil des années, et pour avoir le bac il faut se lever tôt car on sélectionne 30 ou 40% des meilleurs, c'est comme un concours, étant donné que les places à l'université sont limitées. On rencontre ainsi des jeunes qui le passent 2,3,4 fois et se découragent, ce qui est bien normal.
    Mais oui, il y a de belles choses, et nous sommes allées à une répétition de pièce de théâtre sur le sida qui sera filmée au mois d'août, au sein d'une association qui ne vit pas sur le dos de stagiaires et qui s'organise activement. Nous avons vu les jeunes qui font des groupes de djembé ou de foot, des gens qui élèvent des enfants de leurs voisins trop pauvres et leur payent l'école...
    Un ami m'a dit qu'il pensait que le Togo pouvait se développer sans l'aide internationale, et je crois en effet que c'est possible.
    C'est même je pense la trop forte présence européenne qui pousse les gens à se laisser assister au lieu de bouger. Quand on parle avec certaines personnes, on a l'impression qu'on leur doit quelque chose parce qu'on est blancs.
    Il y a la chaleur qu'il faut, il faut l'encourager pour qu'elle soit moins emprise d'intérêts.

    Posté par syracuse, 12 août 2007 à 12:31 | | Répondre
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